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LA YUKON QUEST
La Yukon Quest est l’une des plus redoutables et
des plus longues courses de traîneaux à chiens au monde :
1600 kilomètres à parcourir entre Whitehorse (Territoires
du Yukon - Canada) et Fairbanks (Alaska) en moins de quinze jours, sur
un sol sauvage et dans les conditions climatiques les plus extrêmes
de l’hémisphère nord.
Le tracé de la course, à travers forêts,
lacs gelés et montagnes, est celui que suivaient jadis les marchands
de fourrures, les chercheurs d’or, les missionnaires et les héros
chargés d’assurer le transport du courrier. La Yukon Quest
a d’ailleurs emprunté son nom à la rivière
Yukon dont l’un des affluents, le Klondike, est entré dans
la légende de la ruée vers l’or pour ses gisements
fabuleux.
Le parcours
Cliquer pour visualiser l'itinéraire
La compétition
fut rude
Nombre des participants à la Yukon Quest sont des
professionnels rompus à la difficulté de ces courses, mais
Nicolas Vanier, en outsider, disposait de nombreux atouts. Malheureusement,
les mauvaises conditions climatiques et des imprévus ont contraint
Nicolas a abandonner peu après le départ.
Nicolas nous a livré en exclusivité les raisons
de son abandon...
Lorsque vous avez dû vous arrêter après
Pelly Crossing, vous avez mentionné un problème avec votre
chien de tête qui refusait de continuer l a
course. Pourquoi ne pas en avoir changé?
En fait, le chien en tête d’attelage est le seul à
ne pas pouvoir être changé de place.
Pour avoir ce rôle, le chien reçoit un dressage et un entraînement
particulier. C’est sur lui que va reposer la gestion des difficultés
de parcours avec l’objectif de faire passer l’attelage.
Il faut compter 4 à 5 ans pour obtenir de bons résultats
et avoir un chien efficace.
Pour une course aussi difficile que la Yukon, il faut prévoir
deux chiens de tête. C’était mon cas. J’avais
deux chiennes préparées pour ce poste, dont une alaskane
super championne. La première est tombée gravement malade
un mois et demi avant le départ. Je n’étais pas trop
inquiet pour la composition de l’attelage puisque ma championne
était bien valide. Malheureusement, très peu de temps avant
le départ, un chien échappé à notre vigilance,
l’a rendue enceinte ; il était évidemment exclu de
lui faire prendre le départ. Dans le peu de temps qui nous restait,
nous avons sélectionné une jeune chienne en cours de formation.
Et
pourtant votre début de course semblait plutôt bon ?
C’est vrai. Trois jours après le départ, j’étais
premier. La petite chienne a fourni un travail remarquable, mais les conditions
climatiques n’ont pas joué en notre faveur… Mes chiens
sont habitués et entraînés pour des températures
beaucoup plus froides. Or, nous avoisinions les 0°C, ce qui est très
rare à cette époque-ci de l’année au Canada.
Le parcours a été rendu très difficile par le manque
de neige et la présence de beaucoup de cailloux.
Le départ de la course a même été
reporté à plusieurs dizaines de kilomètres au nord,
pour que nous puissions trouver de la neige ! Malgré ces conditions
difficiles, les vétérinaires de Pelly Crossing ont été
impressionnés par la santé de mes chiens. Ils m’ont
assuré que j’avais le meilleur attelage.
Mais en reprenant la course en direction de Dawson City,
ma chienne a été confrontée à d’énormes
blocs de glace et à un terrain de plus en plus difficile. Elle
a fait un blocage. C’était trop pour elle…J’ai
donc dû revenir à Pelly et arrêter la course…
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Actuellement je continue le tournage d’un long métrage (Le
dernier trappeur) qui devrait être terminé dans le courant
de l’hiver 2004.
Comptez-vous prendre votre revanche avec la
Yukon 2004 ?
Pas en 2004 parce que je serai encore sur le tournage du film. Ce qui
me rend le plus triste c’est que je voulais vraiment faire la Yukon
avec ma super championne. Avec elle et mon attelage très performant
j’avais, je crois, réuni toutes les conditions pour faire
une très belle course. Mais en 2005, ma chienne alaskane sera alors
trop âgée pour y participer.
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